Paul et Robyn sont un couple récent, né de la rencontre entre l'artiste Paul avec sa comptable Robyn, à la tête d'un cabinet d'expertise comptable à Buffalo. De presque 20 ans son aîné, Paul mène sa vie sans penser au lendemain, un peu flambeur, un peu bohème, et compte sur sa comptable de femme pour maintenir les finances à flot. Robyn a bientôt 40 ans et veut des enfants. Ils décident, rompant avec leurs habitudes, de partir un mois au Maroc pour leurs vacances d'été. Ils arrivent à Essaouira après un voyage éprouvant en bus depuis Marrakech, et s'installent dans une superbe suite d'où l'on voit d'un côté la ville ceinte de ses remparts, ses minarets, ses maisons serrées formant le dédale des rues. De l'autre, s'étend l'océan, à perte de vue. Le cadre est idéal pour que Paul retrouve son inspiration. Il se met à dessiner, et ses compositions témoignent de sa créativité. Robyn profite de ses moments pour prendre des cours de français et se balader dans la ville. Ils se sentent plus amoureux que jamais et travaillent à faire un enfant.
L'idylle cesse lorsque Robyn apprend un lourd secret concernant son mari, que son collaborateur comptable lui révèle par mail. Elle décide alors de le quitter, après avoir laissé à Paul les preuves écrites de sa dissimulation. Sa colère laisse bientôt la place à l'effroi, puisqu'il disparaît. Robyn partira dans une recherche éperdue, se heurtant à l'Etat policier, les hommes d'affaires mafieux, les jeunes marocains libidineux, mais découvrira aussi toute l'humanité et la simplicité des tribus berbères, par trois générations de femmes qui la soigneront quand elle sera retrouvée blessée dans le désert saharien.
Ce 12ème roman de Douglas Kennedy fait une fois encore la part belle à la psychologie des personnages, en nous embarquant dans une intrigue où le couple devient le lieu de tous les mensonges et des trahisons. A l'instar d'Une relation dangereuse, Robyn s'aperçoit qu'elle ne connait pas son mari et que tout ce qu'elle croit est entaché de secrets encombrants. Une fois découverts, les péripéties s'enchainent, l'intrigue est menée tambour battant, nous emmenant à Casablanca, Marrakech, Ouarzazate, le Sahara...Pour une fin décevante, dans laquelle le "tout est bien qui finit bien" est un peu trop facile, et typiquement américain. Très américaine aussi, la façon dont se nouent les rapports entre ce couple et les marocains, parfois un peu trop perçus comme des filous toujours enclins à escroquer les touristes. Alors que le marchandage est une donnée culturelle à part entière dans le commerce, Robyn s'acharne à ne pas "se faire avoir".
Ces réserves mises à part, on sent que Kennedy connait bien ce pays, pour y être allé plusieurs fois. Le Maroc est décrit de façon juste, les villes et la chaleur ardente qui y règne, les souks, le désert...On y est!