
Lorsque le Japon et sa culture nous sont étrangères, y entrer par sa littérature, et donc ici, par sa poésie n'est pas aisé pour l'occidentale que je suis. Or donc, par ce recueil de haïkus, riche de ses représentants classiques du XIXème et XXème siècles, on peut lire en flânant, allant d'un haïku à l'autre, d'un conte à un commentaire de l'auteur du recueil.
Trois vers suffisent pour exprimer ce que le regard a entrevu. Ce qui peut laisser perplexe et indifférent: parce que nous sommes habitués aux sonnets, à la stylistique, aux rimes et aux rythmes, parce que la beauté du sujet renvoie forcément à sa valeur poétique intrinsèque; des puces il n'y a rien à dire. Des rats encore moins, et surtout pas en trois courts vers.
"Puces de ma hutte
Vous maigrissez
Vous faites pitié"
Issa
Ici le poète regarde, alors que nous serions enclins, nous, occidentaux, à réfléchir sur ce que nous observons, c'est pourquoi, sans doute, nous sommes indifférents à cette approche poétique du monde.
A y regarder de près, ça me fait pourtant penser à l'anamnèse; technique d'écriture où les phrases, courtes, sèches et mates font advenir le souvenir, que Perec et d'autres ont employée.
Lisez donc ce recueil, reposez vote esprit, goûtez à l'humour, la délicatesse ou la trivialité des auteurs japonais, ils vous emporteront loin de chez vous, en même temps qu'ils vous rapprochent du monde.